Cristal 1 – Les Détecteurs

Plusieurs personnes s’affairaient dans une large pièce sans fenêtre et éclairée par le plafond d’où émanait une lumière bleue claire. Ils allaient et venaient entre une grande table en bois qui occupait presque toute la pièce et des écrans ronds incrustés dans les longueurs des murs. La table croulait sous une montagne de papiers, pierres, stylos, plumes, livres, parchemins, et cartes, et quelques-uns des écrans montraient des personnes pendant une ou deux minutes avant de passer à quelqu’un d’autre. Tous avaient en-dessous un large cube noir luisant, dont certains portaient des cahiers, des tas de feuilles ou des plaques faîtes du même matériau que les cubes.

Le mur du fond était entièrement recouvert de cartes de mondes différents, marquées de points de couleurs et de lignes rouges qui les liaient entre elles.

Une autre carte, plus petite, en papier, dominée par une montagne, était accrochée près de la porte. Ici et là, il y avait des croix presque effacées et des punaises.

Une femme entra, les bras chargés de dossiers. Blonde aux yeux bleus, elle portait une jupe et tailleur mauve avec une chemise blanche, ses cheveux remontés en chignon. Elle s’arrêta devant la carte en papier et grimaça.

– Encore un ?

– Peut-être, répondit un petit homme aux cheveux longs. J’ai envoyé quelqu’un vérifier. 

Elle soupira et partit poser les dossiers sur la table.

– Shirley ? 

Elle regarda la femme noire qui l’avait appelée, postée devant cinq des écrans où l’image ne partait pas.

– On en a trouvé d’autres.

Shirley la rejoignit et observa les cinq personnes devant elle.

Une jeune femme aux cheveux roux clairs ondulés coupés au carré et aux yeux verts, un peu plus de vingt cinq ans, se promenait dans une forêt.

Un homme plus jeune qu’elle, brun bouclé aux yeux marrons, grimpait péniblement une route en vélo.

Une femme d’une trentaine d’années, les cheveux noirs coupés très court, les yeux bleus fatigués, allumait les lumières d’un petit restaurant et secouait la tête en voyant le désordre.

Le plus jeune du groupe, qui n’avait pas l’air d’avoir dépassé les vingt ans, les yeux noirs et les cheveux noirs frisés, marchait entre les rayons d’une bibliothèque, un carnet à la main.

Un autre à peine plus âgé, les yeux bleus turquoises cachés sous une chevelure blonde sombre qui lui arrivait aux épaules, dansait le long d’une petite rue vide.

Le haut des cubes correspondants s’étaient éclaircis, montrant des symboles qui défilaient rapidement, notés et décryptés par la femme qui tendit le résultat à Shirley. Elle fronça légèrement les sourcils.

– Ils sont tous dans le même monde ? Le 1.01 ?

– Ouaip, répondit l’autre femme. Ils vont être pour qui ceux-là ?

– Bob.

– Ouch. 

Shirley sourit et la remercia, même si déjà oubliée par une nouvelle recherche. Elle relut les noms et les endroits où les trouver en quittant la salle. Elle aussi n’avait pas de temps à perdre.

*

N° 342.25 B1 Simetra, Diane.

Diane avait bien fait, une petite promenade en forêt avait été une idée parfaite pour se détendre. Surtout parce que ça gardait l’aspirateur loin d’elle. Aspirante actrice, elle se trouvait entre deux boulots en attendant un rôle un peu plus grand que figurante numéro quatre dans un film qui n’était jamais sorti. Elle avait des décisions à prendre et un ménage à faire, et elle était bien décidé à repousser le tout autant que possible.

Il y avait tellement de choses à voir et à faire qui pouvait l’y aider, des chemins qu’elle n’avait pas encore visités, des bouquets qui suppliaient d’être cueillis et… un chaton perdu ?

Elle s’arrêta pour trouver d’où provenait le miaulement qu’elle venait d’entendre. L’animal n’avait pas l’air d’avoir mal, ce qui l’aida à ne pas se sentir trop coupable d’y voir une bonne excuse pour ne pas rentrer en se mettant à sa recherche. Le chaton était quelque part derrière les arbres et donnait l’impression de se déplacer au fur et à mesure qu’elle avançait. Elle commençait à craindre qu’il ne fasse un faux pas et se blesse, et marcha donc un peu plus vite, sans prendre garde à où elle mettait les pieds. Le sol craqua, elle passa à travers, et toucha terre avant d’avoir eu le temps de crier.

Diane vérifia qu’elle n’avait rien de cassé, vit venir un gros bleu à la jambe qui avait réceptionné le reste du corps et quelques égratignures sur les mains.

Rassurée, elle se releva et fit plus attention à la grotte où elle était tombée. Pendant un instant, elle pensa être entourée de glace. Tout était blanc, étincelant, réfléchissant la lumière qui passait par le trou du plafond. Mais le froid n’était même pas assez fort pour qu’elle puisse voir son souffle. Elle toucha une des parois, trouva de la pierre.

– D’accord, c’est joli, mais comment je sors ?  lança-t-elle en direction du plafond.

– Pas par là-haut, répondit une voix dans les ombres.

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